Adénome de la prostate

Service d’Urologie · Hôpital Foch

Hypertrophie bénigne de la prostate

L’hypertrophie bénigne de la prostate, liée à l’augmentation du volume de l’adénome prostatique, est une affection bénigne et fréquente chez l’homme. Les symptômes du bas appareil urinaire qui en résultent peuvent altérer la qualité de vie et entraîner des complications : rétention d’urine, calcul vésical, insuffisance rénale, infections récidivantes.

Diagnostic

Évaluation clinique

La première étape de la prise en charge consiste à évaluer la gêne urinaire liée à l’adénome de prostate : augmentation du nombre et de la fréquence des mictions, levers nocturnes, diminution de la puissance du jet, voire nécessité de pousser pour uriner. Un calendrier mictionnel sur 2 à 3 jours peut être demandé pour obtenir une vision objective de la répartition des mictions.

Une dysfonction sexuelle (troubles de l’érection ou de l’éjaculation) est également recherchée, car elle peut être associée à la gêne urinaire dans l’hypertrophie de la prostate.

À l’issue de l’interrogatoire, un toucher rectal est proposé. Il permet d’évaluer le volume prostatique et de dépister un éventuel cancer de la prostate associé.

Score IPSS (International Prostate Symptom Score)

Pour quantifier précisément la sévérité des symptômes, nous utilisons le questionnaire IPSS, validé internationalement. Vous pouvez le compléter ci-dessous avant votre consultation : le résultat aidera à orienter la prise en charge.

Auto-évaluation

Calculez votre score IPSS

Pour chaque question, cochez la réponse qui décrit le mieux vos symptômes au cours du dernier mois. Votre score s’affiche automatiquement en bas du questionnaire.

1Avec quelle fréquence avez-vous eu la sensation que votre vessie n’était pas complètement vidée après avoir uriné ?
2Avec quelle fréquence avez-vous eu besoin d’uriner à nouveau moins de deux heures après avoir fini d’uriner ?
3Avec quelle fréquence avez-vous eu une interruption du jet d’urine (jet qui s’arrête puis reprend) ?
4Avec quelle fréquence avez-vous eu des difficultés à retenir votre envie d’uriner ?
5Avec quelle fréquence avez-vous eu une diminution de la taille ou de la force du jet d’urine ?
6Avec quelle fréquence avez-vous dû forcer ou pousser pour commencer à uriner ?
7Combien de fois par nuit, en moyenne, vous êtes-vous levé pour uriner (entre le coucher et le lever) ?
8Qualité de vie : si vous deviez vivre le restant de votre vie avec vos symptômes urinaires actuels, comment le vivriez-vous ?
Score IPSS (questions 1 à 7)

/ 35

Qualité de vie (question 8)

/ 6

Questions renseignées : / 8. Le score n’est interprétable que lorsque les 8 questions sont renseignées.

0 à 7 : symptômes légers
8 à 19 : symptômes modérés
20 à 35 : symptômes sévères
Ce questionnaire ne remplace pas une consultation médicale. Notez vos deux scores et communiquez-les à votre urologue lors de votre rendez-vous : ils aideront à orienter votre prise en charge.

Examens complémentaires

Selon votre examen clinique, des examens paracliniques peuvent être prescrits :

  • Biologiques :
    • ECBU (examen cytobactériologique des urines), pour éliminer une infection urinaire
    • Dosage du PSA, pour dépister un cancer de la prostate
    • Créatininémie, pour dépister une insuffisance rénale associée
  • Radiologiques :
    • Échographie réno-vésicale et prostatique, pour évaluer le retentissement de l’adénome sur les reins et la vessie, mesurer la taille de la prostate et rechercher un éventuel résidu post-mictionnel

Une débitmétrie peut également être prescrite, lors d’une consultation d’endoscopie dédiée. Elle consiste à uriner dans des toilettes spéciales et permet une analyse fine de la puissance du jet urinaire et du résidu post-mictionnel.

Traitement

Le traitement proposé dépend de la sévérité des symptômes, de la tolérance et de l’efficacité d’éventuels médicaments prescrits, et de la survenue de complications.

Mesures hygiéno-diététiques

En cas de symptômes minimes ou modérés sans altération notable de la qualité de vie, des règles simples peuvent être instaurées : réduction des apports hydriques après 18 heures, diminution de la consommation de caféine et d’alcool, traitement d’une éventuelle constipation.

Traitement médicamenteux

En cas de symptômes modérés ou sévères avec altération de la qualité de vie, plusieurs classes de médicaments peuvent être prescrites, seules ou en association :

  • Alpha-bloquants : détendent les muscles de la vessie et de la prostate pour faciliter l’écoulement urinaire
  • Inhibiteurs de la 5-alpha-réductase : réduisent la taille de la prostate
  • Phytothérapie : décongestionne l’appareil urinaire
  • Anticholinergiques : réduisent l’hyperactivité vésicale et le nombre de mictions
  • Inhibiteurs de la phosphodiestérase-5 : permettent une prise en charge associée des troubles de l’érection

Traitement chirurgical

Un traitement chirurgical peut être proposé en cas de complications (rétention d’urine, calcul vésical, insuffisance rénale, infections récidivantes) ou de symptômes modérés à sévères résistants ou mal tolérés sous traitement médical.

À l’Hôpital Foch, en accord avec les recommandations de l’Association Française d’Urologie, nous proposons plusieurs techniques chirurgicales modernes, adaptées à chaque patient en fonction du volume prostatique et du contexte clinique. Ces interventions se pratiquent par voie endoscopique, en passant par le canal urétral, sans incision. Elles nécessitent généralement une hospitalisation de 24 à 48 heures avec port temporaire d’une sonde urinaire.

Selon la taille de votre prostate, plusieurs techniques peuvent vous être proposées :

Prendre rendez-vous

Consultation d’urologie

Pour toute question concernant cette pathologie ou pour planifier une consultation, contactez l’équipe d’urologie de l’Hôpital Foch :